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Voyage en famille en Afrique australe

Voyage en famille en Afrique australe

Nous partons une année en famille. Nous allons commencer notre voyage à Durban et après ... l'Afrique du Sud, la Namibie, le Botswana. Nous nous déplaçons en camion 4x4.

2 mois en Namibie...

« Tu verras, moi je n’aime pas trop la Namibie, il n’y a que de la poussière et du sable ». C’est par ces mots qu’une voyageuse nous a décrit notre destination alors que nous allions passer la frontière. Et nos premiers jours dans ce pays ont été un peu difficiles : de fortes températures, du désert, très peu de verdure… La Suisse, ses forêts et ses rivières nous manquait (même la pluie). On peut compter sur les doigts d’une main les rivières (les vraies, avec de l’eau ;-)) de Namibie. Petit à petit, on a commencé à apprécier ce pays et on s’est laissé ensorceler par ses paysages et sa nature sauvage.

 

En Namibie, le climat est très sec. C’est pratique pour faire sécher le linge. Par contre, règle d’or pour éviter les problèmes de peau, toujours avoir avec soi de la crème hydratante et du stick pour les lèvres. Vivre deux mois à moins de 20% d’humidité dans l’air, ça laisse des traces. Donc tous les matins, on a commencé par crémer les enfants de la tête aux pieds et leur mettre du baume à lèvres régulièrement. Et pour que Laurent mette également de la crème hydratante tous les soirs (achetée par erreur en croyant que c’était du gel douche) c’est que l’air était vraiment sec (on ne sait pas à quel point, notre appareil de mesure ne marche pas bien au-dessous de 10%).

 

En Namibie, il y peu d’eau en surface mais paradoxalement, il y a de nombreuses rivières souterraines qui permettent de pomper de l’eau pour les populations locales, l’agriculture et le tourisme. On remarque ces rivières en observant la végétation qui suit ces cours d’eau souterrains. On a apprécié d’avoir de l’eau potable dans tous les endroits où nous avons été, même si elle était parfois très minéralisée et chaude (donc pas super à boire...).

 

Les abords de routes et les villes sont relativement propres en Namibie. Cependant, il y a comme partout un énorme problème de gestion des déchets et on trouve du plastique partout. Quand on se balade dans le désert et qu’on trouve des déchets plastiques c’est triste…  Même si on avait essayé d’anticiper le problème de notre production de déchets, on a fait nos courses dans des supermarchés à l’occidentale, comme la majorité des Namibiens. On a alors produit des déchets. Le tri des déchets n’existe pas, le compost non plus (il ne faut pas attirer les animaux). Dans le camion, on voit beaucoup plus les déchets que l’on produit qu’à la maison, car on ne trie rien et on n’a pas la « consolation » de se dire que nos déchets vont être incinérés dans une usine. Alors que sont devenus nos déchets ? brûlés localement ? mis en décharge ? On s’est promis une fois de retour d’essayer de réduire au maximum notre production de déchets et de réfléchir à la problématique des déchets lors de nos vacances à l’avenir.

 

En Namibie, il y a moins d’obsession pour la sécurité qu’en Afrique du Sud. On voit peu de maisons entourées de barbelés ou de grandes pancartes annonçant les sociétés de sécurité. On ne s’est jamais senti en insécurité dans le pays et on a très peu vu la police. Les relations entre les communautés ont l’air plus détendues qu’en Afrique du Sud, même s’il y a d’énormes disparités économiques entre les villes et le reste du pays, les propriétaires terriens et les ouvriers etc. D’autre part, les communautés qu’on retrouve dans ce pays ont des cultures vraiment différentes, en quelques heures de route on peut passer d’un village perdu dans le Damaraland à la ville de Swakopmund. Dans les villes, certaines personnes vivent à l’occidentale, d’autres dans des townships. Dans le reste du pays, on trouve des fermiers possédants beaucoup de terres, de riches propriétaires de réserves privées, leurs employés, des peuples vivant de manière « traditionnelle » etc. La Namibie est plurielle et les Namibiens sont très différents. On a eu de bons contacts avec les personnes que l’on rencontré. Les enfants sont partout un moyen d’entrer en contact avec les gens. Les personnes que l’on croise viennent nous aider, discuter, parler avec les enfants (ou essayer). Ici aussi nos petites têtes blondes aux yeux clairs attirent les gens.

 

On a visité plusieurs parcs naturels. Les animaux reçoivent en général à boire via des trous d’eau naturels ou artificiels, pour lesquels de l’eau est pompée dans le sol. Ils sont obligés de le faire s’ils veulent garder un maximum d’animaux en vie en période de sécheresse. Les parcs sont grillagés et même s’ils sont grands, ces grillages ne permettent pas aux animaux de migrer et ainsi de partir en cas de sécheresse. En Namibie également, les animaux sauvages se trouvent dans les parcs et réserves privées (sauf au sud de la Namibie, dans le kaokoland où l’on trouve encore des éléphants, lions, rhinocéros « libres »). Dans les réserves privées, les animaux sont un capital qu’il faut gérer. S’il n’y a pas assez à manger, on les nourrit. Si les gens ont envie de voir des hippopotames, on en met un ou deux dans le lac de la réserve, et s’ils n’ont pas la nourriture qu’il leur faudrait, on leur amène de l’herbe tous les jours. Certaines antilopes sont parfois transportées hors de leur zone de répartition par exemple et certaines espèces en danger sont fractionnées en petites populations qui se trouvent dans diverses réserves. C’est une gestion de la nature qui nous interpelle, mais qui permet aussi de préserver des écosystèmes.

 

En Namibie, il y a peu de routes goudronnées et beaucoup de pistes qui peuvent être excellentes si on passe après la racleuse ou franchement mauvaises avec beaucoup de tôle ondulée. On y a mangé de la viande excellente. On a aussi gouté de la game meat, de la viande d’antilope comme de l'oryx (super bon), du koudou (très bon aussi) et de l'eland (un peu moins bon) . Le braii, barbecue, est une institution dans le pays. Dans les grandes villes, on trouve des fruits et légumes divers. Mais dès qu’on s’éloigne des centres, il est plus difficile de s’approvisionner en légumes frais, à part des courges, des oignons et des carottes.

 

Quand on arrive avec notre camion, les gens nous regardent forcément. Tout en nous disant que notre véhicule est imposant, ils nous demandent si on va le vendre quand on partira d’Afrique et nous disent qu’ils ont toujours voulu avoir le même. Ils nous demandent notre consommation d’essence. Ensuite, quand ils voient qu’on voyage avec de jeunes enfants, ils sont contents de les voir et nous disent qu’ils ont toujours voulu partir également. De notre côté, on a pris nos marques dans le camion et les enfants y sont bien. Ils sont isolés car ne parlent pas anglais mais comme ils sont trois, ils ressentent moins le besoin d’une autre compagnie. Leur imagination travaille à plein régime. Quand une discussion commence par « tu sais, au pays des rêves » on sait que la conversation va être surréaliste. Damien discute avec toutes les personnes parlant français qu’il croise, sans trop de filtre, alors ce n’est peut-être pas plus mal s’il ne parle pas anglais… On l'a retrouvé assis à côté d'un vendeur de souvenirs parlant français. Damien lui a expliqué que plus il nous disait d'acheter moins on avait envie... et lui a demandé pourquoi il fait ce métier et que si il est pauvre il pourrait construire des maisons (on sais pas trop d’où ça lui vient) ou des barrages comme papa pour gagner de l'argent... Le vendeur était mort de rire et nous aussi. On se demande ce qu'il a pu dire d'autre avant qu'on arrive.

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